Kinaïe battait maintenant énergiquement des ailes pour rejoindre ses semblables. L’eau perlant ses écailles le faisait briller intensément sous le soleil, … comme la mer elle même.
C’était fini. La paix s’était enfin réinstaller. Mais la forte impression que son cœur était près à céder, coupait cours à toutes pensées. Ses pulsations avaient atteint un rythme incessant, dont le son créait une mélodie insupportable en accompagnant le bourdonnement sourd à l’intérieur de ses oreilles, lui rappelant ce qui venait tout juste de se passer.
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Plus jamais avec un Léviathan, plus jamais …*
Son vol pouvait être qualifié de chaotique, chaque parcelles de son corps étaient engourdis à cause de ses crispations qui l’avait eu durant sa fuite des mâchoires acérés du serpent marin. Ce n’est que lorsqu’il eu regagné ses compagnons sauriens qu’il se força à revenir à la réalité.
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Oula il t’a eut là non ? Il faudrait...*
Le jeune dragon ne comprit pas de suite son congénère des cavernes, mais les fourmiments parcourant l’une de ses pattes le rappelèrent à l’ordre. Il tourna légèrement de l’œil en voyant le liquide pourpre, qui le maintenait en vie, s’échapper de deux cavités de SON corps, en ruisselant et se mêlant aux gouttes transparentes et luisantes de l’étendue aquatique, sur ses écailles dorées. Blessure infligé pour attirer le monstre des abysses. D’habitude cela ne le dérangeait pas, mais l’excitait au plus haut point, cette vue du sang …
Après une convulsion, il émit un ricanement sonore pour tromper son malaise.
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Hé hé hé ! Non, il ne faut pas s’inquiè…*
Tout comme Sahris, il fut interrompu par un nouvel arrivant…
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Bonjour … excusez-moi mais puis-je me joindre à vous ? *
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Euh …*
Le dragon Topaze était encore hébété, mais toisa discrètement son frère volant. C’était un dragon de gemme dont la taille et le corps fin témoignait d’une grande agilité. Ce sont les écailles du dragon, qui le fascina le plus. Des diamants, presque trop transparents à son goût, mais qui formaient une robe élégante aux couleurs changeantes.
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BONJOUR, JE VOUDRAIS ME JOINDRE A VOUS, PUIS-JE ?*
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Oh oui oui bien sûr, pardonne moi, je me suis évadé.*, répondit-il précipitamment.
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Je me nomme Kinaïe, enchanté de…*
Le doré s’arrêta net et fixa du coin de son œil rougeoyant Ra'Naël. Il ne savait si ce dernier en avait conscience mais … Une forte sensation de mal être s’échappait de ce dernier. Etait-ce lui qui était responsable du sien ? Cela l’embarrassait, l’inquiétait au plus haut point même.
Il sentait son estomac se nouer.
Un épais nuage de fumée sortit des naseaux du rouge, exprimant peut-être, un mécontentement, un ennui.
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Il me prend pour qui ?*, garda-t-il pour lui, tandis que la créature écailleuse prit de la hauteur.
Puis… il y eut un changement, Kinaïe ne connaissait quelle en était la raison mais, il l’avait vu, il en était certain.
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Je vous laisse! J’ai à faire! Bon jeu et…bon cache-cache!*
Le ton du reptile était sans conviction. Le prenait-il pour un gamin ? Il avait juste envie de s’amuser, de rire, de… d’oublier. Le Topaze laissa aller son regard sur l’horizon, pensif, la mâchoire crispée. Les souvenirs refirent surfaces mais Kinaïe les repoussa de force. Il ressentait à présent une profonde noirceur qu’il masqua avec minutie. C’était du passé, et Arya, Yawë, Ysabet et … El'zi avait pris soin de lui. A son tour d’aider son prochain.
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Ra'Naël, attends… *
Trop tard. En laissant l’image d’une ville appartenant à un autre monde, il fila vers la surface aquatique et disparut avant de se faire gober par une nouvelle créature qui déchaina les flots de la mer.
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Ouf !*
Kinaïe savait ce qu’il devait faire, mais le voyage à travers les mondes ne faisait pas partis des expériences plaisantes à faire pour le dragon d’or. Et c’est avec grands regrets qu’il du faire ses adieux à ses compagnons.
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Nous nous reverrons surement, Sahris et toi dragon de diamant. Au revoir.*, dit-il avec peine.
Et sans se retourner, il s’envola vers les cieux, en rassemblant toute ses forces, et comme lui avait enseigné ses parents, se concentra sur la brève image mentale que lui avait envoyé le dragon rouge. Et enfin, il la vit, la lumière que seuls les dragons pouvaient voir lorsqu’ils se téléportaient pour un autre univers, une autre possibilité. Cette lumière le brulait, le glaçait, elle le dissocia fibres par fibres, jusqu’à l’épaisseur de cheveux, effila ces cheveux en traînées impalpables. Tout se dispersa dans la lumière. Il disparut à son tour.
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Donnes à tes rêves la force d'exister.